Cette vie en van n’a rien à voir avec la liberté, l’autonomie ou le voyage.
Pas de liberté avec une plaque d’immatriculation ou un smartphone, et pas d’autonomie quand on ne peut se passer de carburant, de garagiste, d’assurance, de contrôle technique. Je ne suis pas voyageur, plus aucune maison vers laquelle revenir, je suis désormais nomade, je parcours un territoire qui s’étend de la Baltique aux Alpes, de la mer du nord aux Carpathes.
Cette vie en van a tout à voir avec le désir. Désirs de nouveaux sentiers, de dérives urbaines, de foules inconnues.
Cette vie en van c’est partir, s’en aller chaque matin, tirer une ligne de fuite sur les routes et déployer ma neurodivergence.
La marche est mon intérêt restreint d’autiste, tous les jours ce sont quinze à vingt kilomètres dans les rues de la ville, sur des chemins de campagne ou des sentiers de montagne, dans les allées des parcs et le long des rivières. Je n’ai jamais rencontré personne qui marche autant que moi, et qui se réjouisse de passer une zone industrielle un dimanche matin, de traverser des broussailles à quatre pattes, de sauter des barbelés, de trouver de nouvelles ruelles dans une ville archi-connue. Je laisse le sentier de Compostelle aux instagrameurs.
J’ai découvert la marche solitaire à l’âge de seize ans, dans les champs et les bois du soissonnais, quand les garçons de mon âge faisaient du sport, « sortaient » avec des filles, ou pour ceux qui ne savaient ni courir ni pécho, s’enfuyaient dans les jeux vidéos.
Aujourd’hui mon van, ermitage motorisé, me permet de varier les marches-seul au long de l’année, chaussé ou à pieds nus, l’adret ensoleillé de Chorges l’hiver, les ruelles pluvieuses de Gand aux intersaisons, les avenues passionnantes de Varsovie l’été.
J’aimerais marcher seul comme si j’étais le dernier homme sur Terre mais je croise trop d’humains qui me répugnent :
les connards et les connasses à clébard, zombies scotchés à leur portable pendant que le chien fait n’importe quoi
les mamans-yoga et les féministes vegan, prêtresses puritaines
les musulmanes voilées, utérus à racailles
Je méprise mes contemporains, l’époque me dégoûte, et je me demande pourquoi je participe encore au cirque de la production de textes et d’images…pour le shot de dopamine que procure un like ?
Alors je marche seul, contre les gens, contre le siècle, joyeux d’une floraison, de magnolia ou de jeune fille, aimant me perdre dans des quartiers sans soleil ou redescendre de la montagne à la nuit tombée.
Le droit de jouer avec son caca est enfin accordé à l’âge de cinquante ans. En effet pour notre anniversaire l’Assurance Maladie nous envoie un kit de dépistage du cancer colorectal, qui consiste à prélever une minuscule quantité de selles et à renvoyer le flacon test par la poste.
Je récupère le mien sur mon lieu d’hivernage dans les Alpes du sud, et réalise le prélèvement avec beaucoup de joie, appréciant la dimension scientifique que peut prendre une banale cuvette de toilettes.
Quelques jours après avoir envoyé le prélèvement, alors que je transpirais sur un sentier de montagne, je reçois un sms avec un lien vers la page des résultats. M’y connecte sans attendre et stupeur ! le test de présence de sang dans les selles est positif. Ne ressens aucune peur du cancer, mais envisage immédiatement la longueur des procédures médicales avant d’obtenir les conclusions de la coloscopie qu’on m’invite à réaliser, j’ai l’impression que l’hivernage va se prolonger bien après le premier février, date programmée de remontée vers la Belgique. Et c’est bien cela qui m’attriste le plus, le changement de plans, dans une rigidité toute autistique. Termine la randonnée un peu déprimé mais le cerveau en effervescence, réorganisant déjà les prochaines destinations de la vanlife. Et arrivé au sommet je me fais agresser par un chien de protection, pour clôturer cette funeste sortie en montagne.
Une fois rentré à la maison j’appelle immédiatement la clinique où se réalisent les coloscopies dans la région, et une charmante secrétaire me donne un rendez-vous pour le 14 mars, soit dans quatre mois…
Les retrouvailles avec la Belgique devront patienter mais le soleil hivernal des Alpes du sud ne remplacera pas les bonnes bières, et le confort domestique les baraques à frites.
Vive le Feu chantait Bérurier Noir il y a trente ans, « Il y a le feu partout c’est la fête des fous ». Les autistes se laissent facilement aller à des pulsions incendiaires (voir ici), et lors de mon passage à Soissons j’ai eu envie de faire un feu de tous les souvenirs qui remontaient à chaque pas dans la rue, pour brûler toutes ces émotions qui m’ont envahi.
Le van a été garé au camping municipal, pas cher et situé sur la plus belle avenue de la ville. Sensation étrange, passer une nuit au camping dans sa ville natale c’est comme acheter une passe à une de ses ex devenue travailleuse du sexe.
Mais hélàs je me suis fait agresser par le chien d’un des employés en contrat aidé, mauvais souvenirs du camping de Saint Quentin où un zonard du même genre m’a volé un vélo il y a longtemps. Pour évacuer la colère liée à ce gros chien qui a marché vers moi en aboyant j’ai pratiqué « l’affirmation de soi », technique apprise avec les psys qui ont pu m’aider à une époque. Mais quand j’ai exprimé posément ma peur au propriétaire du chien, il m’a répondu que son animal n’était pas méchant, puis a ajouté « tant pis pour vous ». Parole à méditer car aujourd’hui on compte 100 millions de chiens en Europe, contre 50 millions il y a dix ans, effectivement c’est tant pis pour moi.
Me suis consolé en montant à une creutte, endroit tranquille au milieu d’un bois, où j’avais l’habitude de venir faire du feu pour le plaisir de l’allumer, de voir danser les flammes, et pour le bon goût de grillé qu’il donne à l’andouillette. Songe à ce personnage de Zarathoustra, qui vivait dans une grotte avec un aigle et un serpent, loin des humains, et à l’époque de Nietzsche les chiens n’étaient pas un fait de société majeur comme aujourd’hui.
La foule des berges de l’Escaut a peu d’intérêt comparée au ciel immense et au fleuve qui scintille. Tous les anversois savent qu’ils vivent leur dernier dimanche doux et ensoleillé avant six mois de froid et de pluie, ils sourient bêtement dans leurs fringues de marque ou de friperie hype. Une famille de bourges s’installe sur le banc voisin, gamine criante, papa à coupe swag, maman en sweat-shirt « love is the answer », connasse new-age sans doute. Vingt minutes plus tard leur chien sort de son apathie post pique-nique et se met à aboyer, j’émerge de mes rêveries et scrute les environs, craignant également l’approche d’un autre chien, mais n’en voit aucun à la ronde. C’est en fait le passage d’un africain qui a déclenché ce comportement agressif chez l’animal, j’éclate de rire sans me cacher, et remercie in petto ce clébard qui vient de faire ma journée. Cet évènement micro-politique m’évoque une scène coupée de Borat où, dans un refuge animalier, il déclare vouloir adopter un chien correctement dressé, c’est à dire qu’il obéisse bien à l’ordre « Attack the Jew ».
C’est par le chien que l’Occident s’effondrera, et ce n’est pas un childfree qui reprocherait à ses contemporains de préférer les animaux aux enfants. Pour quelques jolis couples maître et chien que j’ai pu connaître, j’ai passé ma vie à croiser des minables qui n’avaient aucune autorité sur leur animal de compagnie. Ce sont sans doute les autistes qui savent le mieux saisir la chance de voir le monde comme un chien, plutôt que de voir le chien comme un humain, car leur environnement en est déjà saturé. Ce changement profond dans le rapport à l’enfant et au chien, animal non-consommé le plus proche de l’humain, est l’indice clair de la fin de notre civilisation, qui s’éteindra comme les autres.
En Orient les chiens sont soit des animaux de travail, soit des créatures errantes qui s’enfuient dès qu’on fait mine de ramasser une pierre, ils n’ont absolument pas la même fonction sociale que ces animaux familiaux occidentaux. Les seuls chiens qui chez nous échappent à l’anthropomorphisme sont l’épagneul du chasseur, le border collier du berger, voire le doberman du gardien de Centre de Rétention Administratif.
Barrière encore levée au Kampeerautoterrein Driebeek, comme l’an passé. On compte encore trois-quatre ventouses sur les sept emplacements. La ville de Gand et Farys, le gestionnaire, ne semblent pas s’inquiéter du peu de rentabilité de cette aire à 12 euros la nuit. Cette avarie me permet d’habiter les failles du système, de développer la vanlife, de résister à l’in-humaine bureaucratie pour créer la vie non-humaine.
M’étonnant de ne pas avoir encore publié de commentaire sur Park 4 Night, je machiavélise celui-ci :« Bruyant, pas très propre, pas surveillé, et loin du centre. Ne vaut pas les 12 EUR. », assorti d’une note d’une étoile sur cinq. Mots-clés répulsifs, pour rester tranquilles entre ventouses sur cette aire qui coche toutes les cases : sécurité, tranquilité, gratuité du parking, de l’électricité et de l’eau. Savoir utiliser le langage dans une démarche complètement opposée à la publicité. On dit que les autistes ne peuvent ni mentir ni manipuler les gens (lire ce qu’en dit Tony Attwood ici), mais ceux qui ont un gros cerveau finissent par apprendre en observant les autres. Et quoi qu’il en soit, les humains ne valent pas la peine qu’on les trompe, il est beaucoup plus amusant d’essayer de déjouer des algorythmes.
Sur l’emplacement jouxtant le mien, le meilleur, le plus vaste, deux vieux chleus grincheux remplacent un couple de retraités français qui s’en va après avoir « fait » Gand, et j’espère qu’ils ont été effrayés par ces jeunes qui ont parlé fort en sortant du gymnase voisin la nuit dernière. Ils publieront alors un commentaire négatif mentionnant des bandes de jeunes, dernier mot-clé d’une disgrâce définitive du lieu sur l’appli.
Deux festivals, que tout oppose à priori, vont avoir lieu à une semaine d’intervalle, et je ne participerai à aucun d’eux. À Bruxelles, troisième édition du « Sex workers Narrative Arts and Performances » (SNAP !). Et à Chantilly, se tiendra le sixième Camper Van Week-End, rassemblement d’exposants et d’utilisateurs de fourgons aménagés.
J’ai assisté à des conférences et des projections intéressantes lors du premier SNAP, mais je ne m’y suis jamais senti à ma place car, sans être franchement hostile, l’attitude des autres participants a été plutôt froide à mon encontre. Si mon handicap était visible j’aurais été accueilli à bras ouverts, tout le monde craignant l’accusation de validisme.
Dans le programme de l’édition 2024 je tombe sur ça :
La mention « Non-mixité choisie sans homme cis » m’aurait attristé autrefois mais aujourd’hui j’en ricane, ah…l’homme blanc hétéro, oppresseur universel ! ah…l’homme cis-genré, bouc émissaire des wokistes…Ces personnes-là ne m’intéressent plus, elles ne créent rien, et leurs prétendues luttes n’en sont pas, elles ne font qu’installer des scènes où tout le monde joue un rôle, recherche le maximum d’audience et d’applaudissements-likes.
Je ne suis jamais allé au Camper Van Week-End, fuyant désormais ces rassemblements, mais cet évènement est sûrement intéressant quand on cherche à acheter un véhicule, car c’est bien la raison d’être de ce festival : offrir un espace à des exposants dans lequel on attirera un maximum de clients avec les mots-clés « échanger », « se réunir » ou « faire la fête ».
Ouais, je la connais leur « communauté », comptes Instagram et politiquement correct, et je les connais leurs « fêtes », mélange de foule et d’alcool, sonorisé par des groupes de merde. À SNAP la programmation musicale est sans doute meilleure, mais si on n’a pas le bon déguisement et qu’on ne prend pas de coke on passe la soirée tout seul dans son coin.
J’ai définitivement quitté ces zones de socialité, et je suis à la fête quand je sens que je progresse dans la création de la vie non-humaine.
« Gooik gooik » ferait un bon cri de cochon mais les flamands préfèrent « knor knor ». Gooik, petit village du Pajottenland, où les bourgeois bruxellois ont acheté toutes les maisons, et font venir des africains en bus pour les nettoyer.
Au centre d’accueil Paddenbroek on trouve quatre places pour les camping-cars, une douche, un bar, et des cartes de randonnée. On peut pisser derrière le van hors de la vue des retraités allemands. Effluves agricoles, chant du coq et beuglements de vaches durant la nuit, mais aucun beat des jeunes du village.
On se réveille au milieu des maïs et pas dans le métro comme à Bruxelles, où j’ai passé trois journées éprouvantes. Sentiers balisés plus agréables que les rues jonchées de déchets. Mais dans la capitale j’ai retrouvé avec joie les brasseries Cantillon, La Senne et La Source. Et chez Papy Mousses j’ai trouvé un rectangle bien ferme qui remplace la partie du matelas d’origine déjà creusée, assurer la maintenance de la machine pour préserver le corps, cyborg.
À Gooik on trouve aussi la brasserie De Cam et ses délicieuses geuzes. Karel Goddeau y travaille seul et n’ouvre que le dimanche après-midi. Il n’est pas très populaire dans le milieu, mais moi je l’aime bien car il fait ce qu’il aime et il le fait seul.
À Bruxelles et dans le Pajottenland les interactions sociales sont brèves et plaisantes, dans de multiples langages. On me demande d’où je viens quand je m’exprime en anglais, quand je parle français on sait que je suis de France. Et dans les épiceries polonaises je me demande si je fais illusion avec mes formules de politesse parfaitement prononcées.
Condamné aux sandwichs si le second brûleur de la plaque de cuisson tombe aussi en panne, c’est l’angoisse depuis le début de l’été. Pas réussi à trouver de l’aide en Pologne, mais en Belgique je peux compter sur le concessionnaire qui m’a vendu le van, encore sous garantie.
Mais hélàs, après trente minutes le technicien qui revient de l’atelier tend un document à la secrétaire, qui se met soudain à m’appeler par mon prénom et ne se souvient plus comment on dit « commander une pièce » en anglais. Je m’y attendais, et même si elle rit quand je lui dis à l’année prochaine je sais que la pièce n’arrivera pas avant des mois, c’est comme ça pour tout le reste. Cet hiver je risque de cuisiner avec un réchaud posé dans l’évier comme la voisine de ma mère…
La veille de mon arrivée à Bruxelles de violentes douleurs dentaires m’empêchent de dormir. Plus de Tramadol sous la main, je crie de souffrance seul dans mes draps crasseux, sur un parking incertain. L’hypocondriaque délire sur un cancer de la mâchoire qui gagnera bientôt tout le crâne, ce qui règlera le problème du brûleur gaz.
Depuis mon premier passage, Toussaint 95, Bruxelles s’est saturée de souvenirs, de rencontres, de filles, de bars, de dérives puissantes. Depuis que je vis en van, à chaque fois que je reviens dans cette ville je suis malade, débordé par mes émotions.
Une fois garé sur l’aire de camping-cars sécurisée d’Anderlecht, je pars supplier un dentiste de bien vouloir m’ausculter un samedi matin, m’étonnant des nombreux résultats « urgences dentaires » sur Google. Rien que dans le quartier Saint Guidon je pousse la porte de quatre cabinets sans me faire rembarrer par un « le docteur n’accepte plus de nouveaux patients » qu’on entend si souvent en France. Je choisis celui où la secrétaire ne porte pas le voile, et le jeune espagnol qui me reçoit immédiatement se révèle charmant, et à l’écoute de son patient. C’est le bruxisme, lié à l’anxiété, comorbidité de l’autisme, qui serait la cause de cette « pulpite réversible », et il n’a rien d’autre à me proposer q’un anti-inflammatoire, médicament que je n’utilise jamais. Je sors du cabinet rassuré, même si mon problème n’a pas vraiment été réglé. Il m’a aussi appelé par mon prénom.
Le panneau « België » sur l’autoroute m’a rempli de joie, et avant de me garer à Geel puis à Sint Anneke, j’ai eu le temps de me demander pourquoi, qu’est-ce qui fait que j’ai eu l’impression de retourner sur mon territoire ?
Ces sont bien sûr les retrouvailles avec les bières belges qui offrent les plus grandes joies, comme un coréen qui plonge sa cuillère dans un bol de riz coréen après un régime de sushis durant son tour des capitales européennes. Les bières polonaises sont trop sucrées, pas bien finies, leur mauvaise qualité a été la cause principale de mon départ.
On pourrait croire que la Belgique procure un confort linguistique, mais les premières conversations en français que j’ai entendues ont été une pollution sonore.
Les jolies filles qui se mettaient en scène dans les rues de Varsovie ont disparu, mais aussi les clébards qui couraient partout dans les parcs. Les femmes de l’Ouest ne croient pas en leur beauté, et elles n’ont pas encore remplacé l’enfant par le chien.
Mais après six mois en Pologne, tristesse de se confronter à nouveau au Grand Remplacement, émotion pourtant tout à fait prévisible. Dès l’entrée en Allemagne, à Dresde, rive droite bobos-multikulti, rive gauche énorme mosquée à minarets, puis dans la campagne de Westphalie centre d’accueil de migrants à côté de l’aire de camping-cars, afghans au milieu des maïs et des éoliennes. Le pire étant la plage sur l’Escaut à Anvers, où les mamans voilées surveillent leurs fils qui se baignent dans le fleuve en face de la raffinerie, où les scooters roulent sur les pelouses, où l’on baisse le regard quand on croise ces bandes de jeunes mâles qui sont l’avenir de l’Europe.
La mauvaise reconnaissance des émotions faciales est un élément du tableau clinique de l’autisme, et dans une société inclusive le niqab serait obligatoire pour nous éviter de nous retrouver en situation de handicap. La lubricité de la femme s’exprimant dans son regard, la burqa serait même préférable, pour ne plus avoir à jouer ces jeux de séduction éprouvants pour ceux qui comprennent mal les codes sociaux.
Zakopane, station la plus célèbre des Carpathes polonaises, accueille chaque année trois millions de touristes, qui glissent sur la neige, transpirent sur les sentiers, ou se prennent en selfie devant des panoramas de montagne. Une partie non négligeable d’entre eux provient désormais des pays du Golfe, trouvant là un exotisme absolu et aussi sans doute des indices du déclin de l’Occident. Les brasseries qui servent porc et alcool aux polonais n’hésitent pas à afficher le logo halal pour les attirer, mais on les voit surtout avaler des kebabs et des glaces.
Séjour au camping Pod Krokwią, pas rénové depuis l’époque soviétique, pas cher. Le blanc déclassé dort dans un camion, les musulmans pétroleux dans des palaces.